Les nouvelles directives sont mises en consultation

Aspects éthiques de la prise en charge de personnes démentes

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Édition
2017/23
DOI:
https://doi.org/10.4414/bms.2017.05715
Bull Med Suisses. 2017;98(23):719

Affiliations
a PD Dr méd., clinique de gériatrie, Hôpital universitaire de Zurich (Président de la sous-commission responsable)
b lic. iur., MAE, secrétaire générale adjointe de l’ASSM

Publié le 07.06.2017

La Confédération et les cantons ont fixé, dans la stratégie nationale en matière 
de démence, des objectifs destinés à améliorer la qualité de vie des personnes ­atteintes de démence, à réduire les contraintes et à garantir la qualité de la prise en charge. L’ASSM et la Société suisse de gérontologie ont été chargées de la rédaction de directives médico-éthiques concernant la prise en charge et le traitement de personnes atteintes de démence, dans le cadre du projet partiel «Ancrage de directives éthiques». Ces directives seront en consultation du 1er juin à fin août 2017.
Avec l’allongement de l’espérance de vie, les maladies de démences sont de plus en plus fréquentes. Les questions et les enjeux qui y sont liés sont d’une importance majeure pour le système de santé suisse, mais également pour l’ensemble de notre société. Dès lors, 
la Confédération et les cantons ont développé, sous l’égide de l’Office fédéral de la santé publique, la Stratégie nationale en matière de démence 2014–2019, qui ­englobe plusieurs projets partiels concrets. L’ASSM et la Société suisse de gérontologie (SSG) ont été chargées du projet partiel 5.1 «Ancrage de directives éthiques».
En février 2015, la Commission Centrale d’Ethique (CCE) de l’ASSM a constitué une sous-commission interprofessionnelle chargée de l’élaboration de ces directives. Son objectif est de proposer une orientation pratique pour la prise en charge et le traitement des personnes atteintes de démence. Dans une prochaine étape, la SSG adaptera et complètera les directives médico-éthiques pour les professions non médicales. Les directives sont articulées autour des problématiques spécifiques auxquelles sont confrontés tous les soignants en charge de personnes atteintes de démence, au-delà du setting (ambulatoire, hôpital, institution de soins) et au-delà des groupes professionnels. Elles s’adressent au médecins, soignants et autres thérapeutes. C’est pourquoi les thèmes s’inscrivant à un niveau supé­rieur – tels que, par exemple, le développement d’offres de soins de qualité élevée et conformes aux besoins tout au long de la chaîne d’approvisionnement ou le «Skill and Grade mix» des professionnels impliqués – ne sont pas traités dans ces directives. Ces thèmes, qui sont appro­fondis dans d’autres domaines d’action de la stratégie nationale en matière de démence, sont toutefois des conditions préalables pour que ces directives soient applicables.
Les exigences liées à une prise en charge et un traitement adéquats de personnes atteintes de démence sont élevées. Une démence – souvent combinée à des maladies somatiques et/ou psychiques chroniques (multimorbidité) – est difficilement prévisible et peut s’étendre sur des années. Les directives offrent une aide pratique en abordant les problèmes éthiques à différents niveaux spécifiques. Dès le diagnostic de la maladie, les principes applicables dans les soins palliatifs, entre autres, doivent être pris en considération: qualité de vie primant sur l’allongement de la vie, anticipation, égalité des soins pour tous, échanges interprofessionnels et continuité, communication ouverte et appropriée, soutien lors des processus décisionnels, intégration de l’environnement personnel, multidimensionnalité. La question de l’assistance au suicide n’est abordée qu’en marge de ces directives; ce sujet sera traité en détail dans les directives concernant la prise en charge de personnes en fin de vie, actuellement en révision.
La version des directives «Prise en charge et traitement de personnes atteintes de démence» pour la procédure de consultation a été approuvée par le Sénat en mai 2017. La procédure de consultation publique dure du 1er juin au 31 août 2017. Informations complémentaires: assm.ch/consultation-2017-06
Lic. iur. Michelle Salathé, MAE, secrétaire générale adjointe ASSM
m.salathe[at]samw.ch

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