In memoriam: Olivier Jeanneret (1926–2023)

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Édition
2023/49
DOI:
https://doi.org/10.4414/bms.2023.1322174002
Bull Med Suisses. 2023;104(49):21

Publié le 06.12.2023

Nécrologie
Pionnier de la médecine sociale et préventive en Suisse, Olivier Jeanneret, professeur honoraire de la Faculté de médecine de l’Université de Genève, nous a quittés le 5 novembre à l’âge de 97 ans.
Olivier Jeanneret, professeur honoraire de la Faculté de médecine de l’Université de Genève, nous a quittés le 5 novembre à l’âge de 97 ans.
Olivier Jeanneret a marqué de son empreinte la médecine sociale et préventive, tant dans le domaine académique, d’un point de vue conceptuel, qu’en matière de pratiques de santé publique aux côtés des professionnels actifs sur le terrain. Formé d’abord en pédiatrie, il s’est perfectionné ensuite en santé publique à Montréal et Boston. En 1964, il est nommé directeur du Service de santé de l’enfance et de la jeunesse à Genève. Cette structure novatrice en a inspiré d’autres dans le pays. Dès 1968, il devient premier directeur de l’Institut de médecine sociale et préventive de l’Université de Genève.
C’est aux États-Unis qu’il se forme à cette discipline. À son retour en Suisse, il parvient à introduire la médecine sociale et préventive dans le système universitaire comme matière d’enseignement et d’examen. Après avoir passé huit années outre-mer, j’ai été impressionné de voir comment le Prof. Jeanneret œuvrait au développement de sa discipline au niveau national. En étroite collaboration avec ses homologues des quatre autres facultés de médecine de Suisse, les cinq professeurs animaient la jeune (à l’époque) Société suisse de médecine sociale et préventive.
Olivier Jeanneret entretenait régulièrement des rapports professionnels et amicaux à l’international, en particulier avec des collègues francophones. Son aimable et discrète collaboration a toujours été appréciée, aussi bien au sein du cercle des cinq directeurs d’instituts que dans l’organisation professionnelle connue aujourd’hui sous le nom de Santé publique Suisse. Il a apporté, sans nul doute, une contribution décisive au développement de la médecine sociale et préventive et plus globalement aux systèmes de santé suisse et européens.
Au-delà de ses travaux scientifiques, il a soutenu et encouragé de manière exemplaire de jeunes collègues intéressés et motivés par la santé de la collectivité – nous en gardons un souvenir reconnaissant. En 1996, avec le Prof. Felix Gutzwiller, de Zurich, il dirige la publication de l’un des premiers traités francophones du domaine, «Médecine sociale et préventive – Santé publique» (Éd. Hans Huber, Berne). Soit dit en passant, il est intéressant aujourd’hui de noter que cet ouvrage incluait une section sur le réchauffement planétaire!
Unanimement apprécié, il laisse autour de lui le souvenir de substantielles collaborations et amitiés.
Dr méd. Jean Martin, ancien médecin cantonal vaudois, membre dhonneur de la Société suisse de médecine sociale et préventive
Prof. em. Dr méd. Theodor Abelin, ancien directeur de l’Institut de la médecine sociale et préventive, Université de Berne
Prof. em. Felix Gutzwiller, ancien directeur de l’Institut de la médecine sociale et préventive, Université de Zurich
Hon. Prof. Dr méd. Fred Paccaud, Faculté de biologie et de médecine de l’Université de Lausanne et UniSanté