Personnalité de la semaine

L’USB imprime une plaque crânienne

Actualités
Édition
2023/39
DOI:
https://doi.org/10.4414/bms.2023.22205
Bull Med Suisses. 2023;104(39):11

Publié le 27.09.2023

Impression 3D Innovation made in Switzerland: à l’Hôpital universitaire de Bâle (USB), un patient s’est vu implanter une calotte crânienne artificielle que l’USB a fabriquée spécialement pour lui. Le médecin-chef du service de chirurgie buccale et maxillo-faciale, le Prof.Dr Dr méd. Florian Thieringer, a largement contribué à ce succès.
En 2016, il a fondé le groupe de recherche Medical Additive Manufacturing (Swiss MAM) au Department of Biomedical Engineering de l’Université de Bâle. Parallèlement, il est devenu codirecteur du 3D Print Lab à l’USB. La production en interne offre plusieurs avantages: «À l’USB, nous pouvons proposer tous les services d’un seul tenant, du diagnostic à l’opération, en passant par l’indication, la conception, la fabrication, la finition et la préparation. Grâce à des implants individuels, nous reconstituons parfaitement l’anatomie du patient et accélérons ainsi la durée de fabrication.» L’USB est le premier hôpital en Europe à produire par impression 3D des implants qui répondent aux exigences du Medical Device Regulation (MDR) de l’Union européenne.
Prof. Dr mult. Florian M. Thieringer
Le choix du matériel est crucial pour la fabrication d’un implant personnalisé: «Nous utilisons du PEEK. Ce plastique à haute performance est utilisé depuis longtemps en médecine. Il ressemble à l’os sur le plan biomécanique, est biologiquement compatible et convient très bien à la fabrication d’implants 3D.» Contrairement aux implants métalliques, les implants en plastique provoquent moins de sensations désagréables chez le patient, par exemple en cas de températures très basses. De plus, les implants en plastique ne nuisent pas à l’imagerie médicale: «C’est particulièrement important pour les patients atteints de tumeurs qui sont en phase de suivi.»
Florian Thieringer envisage d’autres applications pour l’impression d’implants en 3D à l’avenir: «Nous visons la fabrication et la qualification d’implants pour d’autres régions du corps, comme le squelette du visage.» Le domaine de la chirurgie régénérative est particulièrement prometteur: «Une piste intéressante sont les implants auto-dissolvants. Cela permettrait de réparer des fractures osseuses et d’éviter ainsi une nouvelle intervention.» Mais des cellules de cartilage ou de peau pourraient également sortir un jour de l’imprimante 3D. Les premiers essais sont déjà en cours au 3D Print Lab.